Schéma du tendon d'Achille en vue de dos et de profil : muscles du mollet, tendon, calcanéum, avec la zone de tendinopathie du corps du tendon (2 à 6 cm au-dessus de l'insertion) et la zone insertionnelle

Tendinopathie d’Achille : symptômes, traitements et durée de guérison

Vous avez mal au tendon d’Achille, à l’arrière de la cheville ou du talon, surtout au lever ou au début de l’entraînement ? Il s’agit possiblement d’une tendinopathie d’Achille, l’une des blessures les plus fréquentes chez les sportifs. Elle guérit dans la grande majorité des cas, sans chirurgie.

Tendinite ou tendinopathie : pourquoi éviter les anti-inflammatoires

On dit souvent « tendinite », mais le terme médical actuel est tendinopathie : l’inflammation n’est pas le mécanisme principal. Le tendon est surtout surchargé : il s’épaissit et se désorganise.

C’est pourquoi les anti-inflammatoires (AINS), comme l’ibuprofène, le kétoprofène ou le diclofénac, ne sont plus recommandés. Ils ne traitent pas la cause et peuvent gêner la cicatrisation du tendon.

Symptômes et causes

  • Une douleur et une raideur à l’arrière de la cheville, maximales le matin ou après un temps de repos.
  • Un tendon qui « se réchauffe » et devient non douloureux après quelques minutes d’effort, puis une douleur qui revient après la séance ou le lendemain.

La douleur siège sur le corps du tendon (à 2-6 cm au-dessus du talon) ou à son insertion sur l’os du talon (forme insertionnelle, prise en charge un peu différemment).

La cause la plus fréquente est une charge d’entraînement trop importante pour ce que le tendon peut supporter : reprise trop rapide, augmentation brutale du volume ou de l’intensité, côtes, changement de chaussures. Cette notion est toujours relative : une même charge n’a pas le même effet chez un jeune sportif entraîné et chez une personne âgée ou sédentaire, pour qui une simple reprise de la marche peut déjà être trop.

Quand consulter, quels examens ?

Il n’y a pas d’urgence particulière : consultez si la douleur persiste ou vous gêne. L’important est de commencer la rééducation, car c’est elle qui permet au tendon de guérir. En l’absence d’amélioration, notamment après une dizaine de séances, il faut alors consulter.

Consultez en urgence en cas de claquement brutal au talon avec impossibilité de se mettre sur la pointe du pied : une rupture du tendon est possible.

Le diagnostic repose sur l’examen clinique et l’échographie, qui visualise les modifications morphologiques du tendon. Elle peut aussi montrer qu’il n’y a pas de tendinopathie, ce qui remet en cause le diagnostic lorsque la douleur ne s’améliore pas.

Comment soigner une tendinopathie d’Achille ?

Le traitement est long : il faut compter en moyenne un an et demi.

1. Continuer l’activité en l’adaptant

Il ne faut pas arrêter l’activité ou le sport, à condition de respecter deux critères :

  • une fois passée la douleur du début d’activité, il ne doit plus y avoir de douleur ni de gêne jusqu’à la fin de l’effort ;
  • la douleur ne doit pas être plus importante quand le tendon redevient froid qu’avant l’effort (une demi-heure ou une heure plus tard, ou le lendemain matin).

On poursuit, mais on s’adapte : si un critère n’est pas respecté, on réduit la durée ou l’intensité, ou on change temporairement d’activité. S’ils sont respectés, on augmente progressivement le volume et l’intensité. Ces critères dépendent de l’état du tendon et sont revus en permanence.

2. Le renforcement, indolore

C’est le pilier du traitement : un travail excentrique du mollet (le muscle freine un mouvement en se contractant tout en s’allongeant, par exemple en redescendant très lentement après s’être mis sur la pointe des pieds), puis un renforcement lent avec une charge qui augmente progressivement. La rééducation doit être indolore, ou presque. Pour la forme insertionnelle, il faut éviter les mouvements qui plaquent le tendon contre l’os du talon (talon sous le niveau de l’avant-pied) : on travaille sur sol plat.

3. Les aides complémentaires

Une talonnette peut soulager temporairement, mais l’idéal est de consulter un podologue. Les ondes de choc ne sont qu’un complément, et en aucun cas le traitement de fond : les études donnent des résultats variables, certaines rapportant une amélioration chez environ 6 patients sur 10, d’autres aucun bénéfice par rapport à un placebo. Quand elles fonctionnent, c’est un plus, mais c’est tout.

4. Quelle évolution attendre ?

On s’attend à un début d’amélioration vers le 3e mois, une amélioration nette vers le 6e mois et plus de douleur vers le 9e mois. Mais l’absence de douleur ne signifie pas que le tendon est guéri : le critère de guérison est l’absence de vascularisation dans le tendon, visible uniquement à l’échographie. Un contrôle régulier est donc nécessaire pour savoir quand arrêter la rééducation, même si l’on n’a plus de symptômes dans les derniers mois.

PRP : le traitement de choix si la rééducation ne suffit pas

Sans amélioration après une dizaine de séances de rééducation bien menées, la tendinopathie est dite réfractaire. C’est là que le PRP (plasma riche en plaquettes) trouve sa place : dans notre expérience, c’est le traitement de choix de ces tendinopathies, avec un taux de succès supérieur à 95 %, sans que cela constitue une garantie de résultat. Les avis sont partagés dans la littérature médicale, en grande partie parce que les études publiées sont de qualité inégale et comportent de nombreux biais méthodologiques.

À l’inverse, la cortisone (corticoïdes) est interdite dans le tendon d’Achille : elle expose à un risque de rupture. La chirurgie n’est plus d’actualité dans la tendinopathie : ses indications, comme la rupture du tendon, sont aujourd’hui plus qu’exceptionnelles.

Comment éviter la récidive ?

Le plus important est que la tendinopathie soit réellement traitée : avant d’arrêter la rééducation, il faut être sûr qu’il n’y a plus de vascularisation dans le tendon. Tant qu’elle persiste, la cicatrisation n’est pas encore acquise, même si la douleur a disparu. Par ailleurs :

  • Augmentez la charge d’entraînement progressivement, en fonction de votre ressenti.
  • Entretenez la force des mollets toute l’année.
  • Échauffez-vous avant le fractionné, les côtes et les sports de ballon.

Pour aller plus loin : retrouvez toutes les explications dans notre fiche détaillée sur la tendinopathie d’Achille.

Consulter à Nantes / Orvault pour votre tendon d’Achille

Au cabinet, la prise en charge associe un examen clinique, une échographie du tendon, un programme de rééducation personnalisé et un suivi régulier, y compris par échographie.

Article rédigé par le Dr Loïc Chimot, médecin du sport. CNAES, Pôle Médical, Nantes / Orvault. Cet article est donné à titre d’information générale et ne remplace pas une consultation médicale.